Histoire

Naissance de Ranspach-le-Bas

L’histoire gauloise raconte qu’un mercenaire scythe (issu de peuples de cavaliers nomades indo-européens d’Eurasie) s’était endormi à l’orée d’un bois sur l’actuelle localité de Ranspach-le-Bas. Il fut réveillé soudainement par deux gaulois, de carrure herculéenne aux longues moustaches, épuisant un vocabulaire fort riche devant les débris de ce qui devait être un char. Une paire de bœufs de Lémovices, se désolidarisant de l’affaire, paissaient en compagnie d’un troupeau d’ânes sur les rives bucoliques du Sterngraben.

À la vue de l’intrus endormi, Abix le Celte leva son gourdin. « Arrête ! » cria Oblitérix -porteur du courrier de Vercingétorix – « il pourra encore nous servir ! ». Mais les efforts conjugués du barbare et des gaulois pour réparer le véhicule furent vains. Le courrier n’arriva donc pas ce soir-là à Augusta-Rauracorum (ancienne ville romaine au sud-est de l’agglomération bâloise). La nuit porta conseil et le vin romain scella une amitié naissante. Au petit matin, on consulta les augures. Le soir, on s’installa… le courrier n’arriva jamais.

Ainsi, un nouveau village venait de surgir, par une nuit chaude de juin de cette terre généreuse que les Goths nommeront plus tard le Sundgau.

> Extraits tirés d’un manuscrit inédit attribué à Tite-Live / né 59 av. J.-C.  17 ap. J.-C.

Au Moyen-Âge

Des dissensions ultérieures amenèrent le partage du ban entre les gens du Haut et les « citadins » du Bas.

À la période romaine riche et prospère, succéda la nuit mérovingienne. Ranspach-le-Bas se retira dans sa coquille, les envahisseurs dédaignèrent le village. Charlemagne dédaigna ostensiblement les charmes agrestes de ce coquet vallon.

Au Moyen-âge, aucune cathédrale ne vint couronner la foi de ses habitants. Une église fut cependant construite en 1286. Possession habsbourgeoise faisant partie du bailliage autrichien du Haut-Landser. Le couvent Saint-Alban établi à Bâle y possédait des biens.

Au XIIIe siècle, il est fait mention d’une famille noble éponyme à Ranspach-le-Bas.

La Révolution française et l’Empire

Au lendemain de la Révolution française, les habitants s’organisent en commune autonome. Les registres de l’État Civil sont ouverts à partir de 1793 et la confection des livres cadastraux est achevée en 1806.

En 1869, l’allée des platanes (toujours visible aujourd’hui) est plantée sur la route impériale Belfort – Hésingue, sur ordre de l’Empereur Napoléon III.

En 1871, le recensement indique 676 habitants.

Et la Grande Guerre éclata

Autour des années 1905, la commune est reliée au réseau téléphonique de Saint-Louis et le service de poste est assuré par le garde-forestier au centre du village.

Au début du mois d’août 1914, une armée française traverse les cols vosgiens et pénètre, par la porte de Bourgogne, dans le Sundgau. A Ranspach-le-Bas comme ailleurs, l’heure est la levée en masse de toute la population masculine dans le cas d’un danger de la patrie (Landsturm). Les réservistes reprennent du service.

Pendant la Première Guerre Mondiale, le village est un lieu de dépôt de munitions et on y trouve un camp de prisonniers roumains dès 1916 dans la forêt du Kraybach. Pas moins de 13 hommes de la commune sont morts au front. Un hôpital militaire, formé de baraquement, est dressé à la sortie ouest de Ranspach-le-Haut.

Commencée en 1908 sur ordonnance impériale, la ligne de chemin de fer Saint-Louis – Waldighoffen est mise en service le 10 avril 1915. Au niveau du kilomètre 13, elle traverse le ban de Ranspach le Bas via un pont métallique.

En 1928 est créé le corps de première intervention des Sapeurs-Pompiers par le Lieutenant Louis Goepfert. L’électricité arrive autour des années 1930. Entre les deux guerres, de nombreux ouvriers du village deviennent chômeurs.

Seconde guerre mondiale

Le 1er septembre 1939, la population est évacuée dans les Landes, notamment à Sarbazan, près de Mont-de-Marsan. Ils sont 180 personnes évacuées par voie de terre et 170 par voie de fer.

La caisse mutuelle de dépôt et de prêts de Ranspach-Michelbach reprend son activité normale à Sarbazan. Le caissier est toujours Alfred Fuchs.

Le 14 février 1940, le préfet des Landes fixe le siège de la municipalité de Ranspach-le-Bas à Sarbazan où se trouve le maire, Joseph Bubendorff (maire de 1929 à 1940).

Pendant l’évacuation, le village est confié à une commission municipale de sauvegarde de la commune. Composée de 6 à 9 membres, ces hommes sont tirés au sort au sein des conseils municipaux et désignés par le Préfet. Leur mission est d’assurer la conservation et la gestion des biens et ressources du village.

En octobre 1940, l’ordre est donné de regagner l’Alsace. Le village est libéré le 20 novembre 1944.

Des Trente Glorieuses à nos jours

Dans les années 1960, le niveau de vie augmente à Ranspach-le-Bas. On y recense : 84 voitures, 100 machines à laver, 78 réfrigérateurs, 43 postes de télévision.

On cultive principalement : du blé, des plantes sarclées, du vin, des fruits (questches, cerises, pommes). Quelques 300 vaches fournissent plus de 34 000L de lait à la Coopérative Laitière de Saint-Louis en 1967.

Les bus de la Compagnie Citroën desservent la localité trois fois par jour, avant que sa ligne ne soit supprimée en 1971.

En 1975, il y a 551 habitants et on dénombre plus de 40 agriculteurs dans le village, pour une surface cultivée de plus de 480 hectares.